Strictly Criminal

  • Par alc1de
  • Le 30/11/2015
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Bad Motherfucker

 

Strictly criminal, en plus de rejoindre le club pas si fermé que ça des titres anglais traduit par un autre titre en anglais (black mass à l’origine), est un film de gangsters racontant la véritable histoire de l’ascension de 1975 à 1991 de l’irlandais Jimmy « Whitey » Bulger de petit truand du sud de Boston à baron de la pègre régnant sur plusieurs états grâce à l’aide d’un agent du FBI (John Connely) pour qui Jimmy est un héros d’enfance. Il va couvrir toutes ses actions en échange de quelques infos sur ses gangs rivaux afin d’accélérer sa carrière.

Le livre dont est tiré cette histoire est sorti en 2001 et je me demande comment cela se fait que Hollywood ai tenu jusqu’en 2015 pour nous l’adapter (en fait je sais, succession de réalisateurs à la tête du projet, réécriture successive, cachet à négocier… depuis quand je suis obligé de justifier mes questions rhétoriques moi ?). TOUS les thèmes sont là : le criminel charismatique, l’arrivée au pouvoir puis la décadence, l’agent véreux, un sénateur, une scène dans une église, des exécutions musclées, l’amitié virile et la confiance, le respect de la famille, la sacro-sainte liste des codes du genre instauré par le duo Scorcese-Coppola est présente dans son ensemble et pourtant… C’est plutôt original.

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En fait Bulger a été une source d'inspiration avouée de Frank Costello, interprété par Jack Nicholson dans Les Infiltrés, de même de nombreux documentaires lui sont consacrés.

Déjà Johnny Depp - sans parler de traversée du désert on va dire que Transcendance, Lone Rangers (pour lequel j’ai une certaine sympathie) et Into the woods il préférerait les oublier et nous aussi – est méconnaissable en gangster sans foi ni loi. Le crime personnifié avec un accent mis toute la première partie du film sur la construction de sa carapace mentale. Animal, dangereux et touchant parfois au psychopathe, il incarne un bad guy magnétisant à des années-lumière du capital sympathie que l’on a en général pour ses personnages. Jimmy Bulger c’est le genre à mettre un coup de boule à Jack Sparrow pour une vanne déplacée, une balle dans la tête à Donnie Brasco juste par précaution, RIP le respect. Tant mieux, on est devant une de ses meilleures performances, la plus radicale de sa carrière en incarnation du mal.

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Le noir et blanc rappelle l'affiche de Scarface, sinon pour une fois je trouve ce titre plus à propos que l'original : Black Mass, messe noire qui est le nom du roman à l'origine du film.

D’ailleurs, à l’inverse des affranchis qui a plus un aspect film choral, ici on s’approche du biopic par l’accent mis sur l’évolution de Bulger. Certes on garde la même structure en ce que le film est composé des différents témoignages de ceux qui l’ont côtoyé et qui se mettent à table pour un aménagement de peine, mais loin d’aboutir à un portrait en creux du personnage, on a un focus permanent, voire intimiste sur Bulger qui donne au film un cachet à part. Ambiance soutenue par le grain sur l’image, la reconstitution des années 80 et des gueules cassées qui s’y trouvent (mention spéciale à Jesse Plemons). Strictly Criminal a ce côté réaliste qui faisait défaut à American Bluff par exemple, mais c’est aussi ça qui l’empêche de se hisser au niveau de ses ainés (Scorcese et les infiltrés pour ne pas le citer une deuxième fois), la structure par ellipse, les scènes qui isolément sont géniales mais sans véritable squelette pour les relier, le manque d’enjeu global ou d’empathie particulière pour les personnages fait que l’on a des moments de creux venant ternir çà et là le rythme du film qui tout en réussissant à s’affranchir de ses ainés passe à peu de chose du classique.

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On dirait que le mec de gauche veut te vendre du parfum alors que l'autre a déterré ta grand-mère pour s'en faire un abat-jour.

Peut-être est-ce la sobriété générale, le côté mafia irlandaise qui aurait pu être plus poussé où le personnage de l’agent du FBI campé par Joel Edgerton devenant véreux en un claquement de doigts, énervant quand il s’en sort in extremis à chaque fois que ses magouilles menacent d’être révélées, mais il y a quelque chose qui m’empêche de crier au chef-d’œuvre. En attendant on est indéniablement devant une performance solide de Johnny Depp, des seconds rôles brillants à l’image de Cumberbatch étonnamment crédible en sénateur Irlandais, tirant son épingle du cliché de l’homme politique avec un cas de conscience comme dans tout bon film de gangsters qui se respecte, et sans trop de difficulté devant le meilleur représentant du genre cette année. 

Stictly criminal​

Une performance de haute volée de Johnny Depp en truand sans pitié

Particulièrement trépidant, de nombreuses scènes de tension et des assassinats aussi musclés que réalistes parsèment le film mais il manque une trame centrale en quelque sorte

Un film de gangster tiré d’une histoire vraie proche du biopic, avec tout ce que ça comporte de réalisme et par conséquent de manque d’enjeu

Au niveau des Infiltrés, sans pour autant essayer de le plagier

Sans fausse note au niveau du casting

Donnie Brasco, ici Johnny Depp est sans foi ni loi, purement criminel

Une reconstitution d’époque plus vraie que nature et une image avec juste ce qu’il faut de vintage

Réussi pour le côté alliance avec le FBI, ici Johnny Depp domine l’accord dès la première seconde

Johnny « Withey » Depp

Adaptation Hollywood USA

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