Florence Foster Jenkins

Sans fausse note

 

Gnagnagna il y a eu Marguerite l’année dernière. Oui et il y a eu Valmont de Milos Forman en même Temps que Les Liaisons Dangereuses ce qui n’empêche pas ce dernier de rester le mètre-étalon du film en costume. Gros malin.

Il y a des réalisateurs comme Stephen Frears qui a un air débonnaire, une approche très humble genre « ça s’est fait comme ça » du cinéma, du bon gout à revendre et puis quand on se penche sur leur carrière on se rend compte que ce sont de véritables machines de guerre.

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Meryl Streep, excellente chanteuse par ailleurs, a pris des cours pour chanter faux. Pour une fois que Meryl Streep a dû faire des efforts pour tomber à mon niveau...

 

24 films depuis 1971 (et autant de téléfilms), aucun qualifiable de bâclé ou avec un scénario qui ne sent pas une grosse réflexion en amont pour porter un regard cynique doté d’un vrai propos sur la condition humaine à travers les âges et les classes sociales. Ici, le réalisateur-ogre  s’attaque à une figure s’insérant en toute logique dans sa filmographie : la castafiore Florence Foster Jenkins.

Pourquoi ce sujet est une évidence ? Car comme dans The Program revenant sur le dopage de Lance Armstrong, l’histoire de Miss Jenkins repose sur un mensonge et la réaction de ceux qui le savent, le découvrent et cherchent à le savoir. Une différence notable tient pour Florence Foster Jenkins  à l’innocence transformée en hypocrisie involontaire par la flagornerie de son entourage contrairement à la tromperie consciente de Lance. En résumé la richissime Florence est une mélomane fantasque recevant tout le gotha du New York des années 40 pour ses soirées musicales. Problème, elle chante faux, irrémédiablement faux mais a quand même décidé de donner un récital public en louant une des plus grandes salles de la ville au grand dam de son mari cherchant à garder sous silence le secret de sa voix cassé.

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Déjà présent dans le rôle d'un rabbin pour A Serious Man des Coen, Simon Helberg n'a vraiment pas à rougir de sa performance face aux deux géants. Ils partagent même l'affiche US. 

 

Mais plus que Florence seule, c’est l’alchimie entre Hugh Grant et Meryl Streep qui subjugue. Lui, acteur raté à moitié gigolo mais aimant sincèrement sa Florence, ingénue un peu fantasque trop couvée tout en faisant preuve d’une vraie sensibilité comme lors de la scène du duo au piano avec Simon Helberg. L’acteur de la sitcom Big Bang Theory est d’ailleurs remarquablement crédible en pianiste juif de Brooklyn, sorte de second couteau dont on va suivre le parcours dans le mirage organisé par Hugh Grant pour contenir sa femme dans ses illusions.

Un bijou de finesse, dévoilant son univers avec un art consommé de l’écriture faisant passer les deux heures de film en un éclair. Refusant tout cliché, le développement de chaque caractère rend le petit monde de Jenkins particulièrement attachant.

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Rendre crédibles deux personnalités bigger than life, c'est le genre de tour de force dont ces deux-là sont capables. De vrais appâts à Oscars.

 

Frears n’a jamais été aussi tendre sans pour autant perdre de son mordant, réservant par exemple à Florence le traitement qu’il épargne à Merteuil dans son adaptation (attention spoil : la petite vérole). Sous son emballage de biopic, Florence Foster Jenkins est un peu l’antithèse du film hollywoodien classique (non pas qu’il ait jamais été à ranger dans cette case), où croire en ses rêves est le meilleur moyen de tomber de haut. À ne pas louper.

Florence Foster Jenkins

Porté par un duo d'acteurs ultras crédibles et attachant (en même temps Hugh Grant et Meryl Streep, ce n'est pas vraiment les révélations jeunes talents 2016)

De par son sujet assez léger aussi haletant que les « grands » Frears même s’il est plutôt dans le meilleur de sa filmographie

Un film fascinant et captivant qui évite de tomber dans le pathos

Une pure comédie ou un drame mais quelque chose entre

Un biopic réussi en ce qu’il transcende son sujet (une femme riche confortée dans un mensonge par son entourage) pour en faire une leçon de vie sur le choix de vivre pleinement sa passion quitte à s’en bruler les ailes

Excessivement détaillé pour sa reconstitution d’époque face à un Carol par exemple, après ça n’a pas grande importance

À l'image d’une partition maitrisée jouant sur toute une gamme d’émotions sans jamais paraître forcé ou ridicule

Une révolution dans le genre tout en s’éloignant, toujours avec élégance, d’un biopic classique

Maestro

drame comedie Biopic

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Commentaires (2)

IHIUH
  • 1. IHIUH | 13/09/2017
Anhyg
  • 2. Anhyg | 13/09/2017
bonjour, je regarde les films en bonne qualité sur ce site https://filmstreamingvf.video/

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