tristesse club

un ovni bizarre et attachant

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En entrant dans la salle, j’ai de suite été frappé par le fait que je n’étais que le seul spectateur. Vous allez me dire un film mettant en scène un pensionnaire de la comédie française loin des bases qui ont fait son succès au cinéma, Laurent Laffitte (De  l’autre côté du périph) et un trentenaire à l’image qui semblait « puer l Avignon off » comme le disait le premier a propos de ce dernier dans le Première de ce mois, Vincent Macagne.  Le tout rangé dans une casse de premier film très expérimental, et ceux malgré la présence de Ludivine Sagnier, c’est sûr que sur le papier cela fait envie (ou pas). Pourtant, là où sa compatriote féministe de la semaine fait l’effet d’un pétard mouillé, Tristesse club arrive à provoquer une petite explosion dans le milieu stagnant  de la comédie française. Décryptage

L histoire est simple : Léon et Bruno, deux frères, reviennent dans leur ville natale pour les funérailles de leur père. Arrivés sur place, ils ne trouvent rien, excepté une fille étrange, Chloé. Cette dernière prétend être leur demi-sœur. Intrigués par cette révélation, les deux frères vont tenter d'en apprendre davantage. C'est alors qu'ils vont se retrouver dans une intrépide histoire, remplie de secrets.

Entre humour noir bien frappé et jeu de piste intrigant

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Je tiens à le préciser tout de suite certaines personnes pourraient passer à côté de ce film. L’humour est assez déroutant, un melange d’humour bien noir, absurde et corrosif, ce que j’appellerai une bonne dose de «  panache » , que n’aurait pas renié Bertrand Blier ( surtout au niveau de certains dialogues).  Il faut ajouter un jeu de piste assez prenant sur l’enquête de la disparition du père, qui va mener les deux frères à fouiller dans leur souvenir pour essayer de le retrouver bien qu’ils se détestent et cela nous offre une enquête plaisant dont on ne sent pas la fin à 3 km à la ronde (ce qui est très rare aujourd’hui).

Un trio délicieusement décalé

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Le deuxième point fort de ce film reste son trio totalement improbable mais qui fonctionne à la perfection. Laurent Laffitte excellent en père de famille démissionnaire et en loser après avoir arrêté sa prometteuse carrière de tennisman professionnel. L’exceptionnel Vincent Macagne, qui commence à s’imposer comme l’un des acteurs les plus intéressants du cinéma français (même si un public de néophyte admirateur de production tf1enne l’ignore encore), en directeur de site de rencontre timide et puceau. La divine Ludivine Sagnier  qui joue très bien son rôle assez ambigu de « demi sœur».  Un trio qui s’intègre parfaitement dans l’ambiance du film.

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Une ambiance bien construitePhoto

L’ambiance c’est  résolument le dernier point fort du film. Tristesse club est un film clairement absurde et corrosif, où l’on trouve des désirs « incestueux » entre frère et sœur, une meute de chiens errants aussi dangereux que des loups et dont tout le monde a peur, des crematoriums fermés le jour d’enterrement, des jeunes vierges mystérieuses et très étranges, des rancuniers dangereux mais pas très coriaces ( comme disait mon grand oncle un peu d’essence et tout est réglé), une maitresse suicidaire  et pour finir un hôtel particulier sympathique près d’un lac mystérieux ; il faut ajouter à cette description non exhaustive, un jeune réalisateur qui soigne ses plans et ses décors , ainsi qu’une bande originale  électro et très surprenante du génie R.O.B ( maniac, populaire, radio stars, grand central) cela donne l’une des ambiances les plus surprenantes et inventives pour un film français depuis ses 5 dernières années. Bien sûr, comme tout premier film tout n’est pas parfait, un léger manque de rythme par moment, des situations parfois mal amenées et surtout une volonté de rentrer dans le rang les dernières minutes, qui arrivent comme un cheveu sur la soupe. Malgré tout, je ne peux que trop conseiller à ceux qui sont séduits par cette critique d’adhérer à ce « petit ovni ambitieux » (merci Vincent Mariette de nous l’offrir) et comme on  dit « bienvenue au club ».

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