La rage au ventre

MALOX : le film

 

Déchéance puis rédemption, c’est peut-être LE thème préféré du cinéma. Le rêve américain personnifié par la figure forte d’un battant qui trouve la force de se dépasser en partant de rien pour atteindre des sommets, et quoi de mieux que la boxe sur fond de drame social pour incarner ce glorieux parcours du combattant !
Le problème c’est que cette idée n’est pas nouvelle, elle a même été encore plus été exploitée dans les années 80 qu’un stagiaire en période de congé payé à travers deux films cultes, Rocky premier du nom (1976) et Raging Bull (Scorcese avec De Niro, 1981 et sans trop d’hésitation le meilleur film cité ici).

187486 jpg r 640 600 b 1 d6d6d6 f jpg q x xxyxx

Le slogan (Croyez en l'espoir,Hope étant le nom du héros) de même que l'importance donnée à sa femme ainsi que le titre qui veut dire gaucher de même que le terme désigne une posture à la boxe, tout me fais radoter ma rengaine : l'affiche-US-est-mieux !

 

Est-ce que trente-cinq ans après il est de nouveau pertinent de faire un film sur le même sujet ?

Non, nein, niet, niet, niet. C’est ça le problème, ce n’est pas que la rage au ventre est mauvais, loin s’en faut, mais j’ai juste eu l’impression de voir le remake HD de Rocky 3.

Le pire c’est que la promo du film met l’accent sur son scénario ! Écrit par le producteur (producteur c’est celui qui aligne les billets, scénariste celui qui aligne les idées, la nuance est fine) des séries Sons of Anarchy et The Shield qui au départ voulait en faire la suite non officielle de 8 mile en transposant l’histoire d’Eminem qui jouerait son propre rôle dans le monde de la boxe (j’ai un peu l’impression de créer une suite aléatoire de mots en écrivant ça), la rage au ventre se contente d’aligner tous les clichés du film de boxe en ne proposant rien de neuf à se mettre sous la rétine.

553549 jpg r 640 600 b 1 d6d6d6 f jpg q x xxyxx

Il y a 50 cent dans le film. Voilà c'est dit, heureux ?

On récapitule, le héros venu d’un quartier pourri (comme dans Rocky et Raging Bull), va se ramollir en devenant célèbre (comme les deux autres) puis la mort d’un de ses proche (Rocky 3 ou 4, au choix, en plus ici le monde entier semble ne rien avoir à foutre de trouver l’assassin) va le faire repartir à zéro (marre de citer les mêmes films), ensuite on trouve pêle mêle un entrainement spartiate sous forme d’un montage avec une musique dynamique (tellement cliché que j’ai fait un pari avec moi-même si elle allait arriver ou pas, j’ai gagné), la relation conflictuelle avec sa fille, son amitié pour un garçon des quartiers, l’entraineur bourru mais avec du cœur quand même, le méchant très méchant au point d’avoir un chapeau de méchant, l’adversaire tête à claques (dans Rocky 3 c’était Mr T, dans le 4 Dolph Lundgren, un des apports les plus appréciables de la guerre froide), une scène au bar, le combat final plus épique que la plus épique de tes copines…
Au mieux les scènes sonnent juste, au pire elles font clichées et tombent dans la surécriture, mais jamais l’originalité ne pointe son nez. Tout est dynamique, mais le problème c’est que tout a déjà été fait.

Bon je rends quand même hommage au montage globalement hyper rythmé avec mention spéciale aux combats réalistes malgré une caméra à l’épaule qui me fait penser que le réalisateur est globalement allergique aux plans fixe et a ceux qui durent plus de trois secondes. Hommage aussi au régime musclor de Jack Gyllenhaal carrément crédible en boxeur ainsi qu’à la mise en place d’une relation plus que vraissemblable avec sa femme mais encore une fois le film fait décalquage de ses prédécesseurs, il est une bonne copie d’un thème déjà traité. Là où le beau Jack m’avait bluffé l’année dernière avec Nightcall qui suintait l’originalité, ici la comparaison à De Niro fait un peu mal malgré le fait qu’il soit un des meilleurs acteurs à l’heure actuelle.

013091 jpg r 640 600 b 1 d6d6d6 f jpg q x xxyxx

Au final les combats sont loin d'être le coeur du film, parce que la véritable lutte elle est intérieure... snif c'est beau 

C’est vraiment là la seule chose qui m’a empêché d’apprécier la rage au ventre, ça et la bande-annonce bien spoilante comme il faut. Sinon, si le sujet vous intéresse et que vous n’avez jamais vu Raging Bull où que voir Stallone courir sur la plage dans une ambiance homo érotique ne vous tente guère, foncez c’est de la bonne ! Antoine Fuqua tient là sans aucun doute son meilleur film. 

La Rage au ventre

A voir pour la performance de Jack Gyllenhaal

Original, d’ailleurs il s’est fait déboiter par la presse US pour ça

Viscéral dans sa manière de montrer les combats

Qu’un film sur la boxe, comme Rocky il y a un gros fond de drame social

Une histoire globalement crédible même si parfois forcée

Aussi polar et noir que la bande-annonce le laissait penser

Accompagné d’une bande-son rap US pas dégueulasse

Raging Bull, et c’est là son plus gros défaut en somme

Manque de punch

drame Hollywood USA

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.