Everest

L’homme et la montagne: un couple de cinéma sadomasochiste

Sur le papier, on ne peut pas dire qu’Everest transpire l’originalité. En gros, on suit une bande d’alpinistes qui décident de gravir le mont Everest. Mais durant leur expédition, ils vont subir une grosse tempête qui va les bloquer au sommet et nos valeureux amoureux des massifs montagneux à haut risque vont devoir survivre alors que l’hypothermie, les chutes mortelles et le manque d’oxygène les guettent à chaque instant. Pour autant, on se rend vite compte que ce énième récit tiré d’une histoire vraie et adapté d'un roman de Jon Krakauer ( l'auteur d'Into The Wild), n’est en aucun cas un « Vertical Limit » bis.

Everest film 2015 jason clarke

L’originalité du film est qu’on n’est pas de suite dans l’action, qui est plus réservée pour le dernier acte, mais qu’on suit d’abord la préparation de notre équipe, pendant une grosse heure. Je peux comprendre que cela déplaira à certains mais c’est l’illustration de la meilleure idée de cette oeuvre: celle de vouloir mettre le spectaculaire au placard afin de faire primer l’aspect réaliste et humain de l’histoire. En gros, on est absolument pas dans un film d'action mais dans le genre de la catastrophe pur jus. Mais, rassurez-vous, la mayonnaise arrive quand même à prendre sur ce qui s’apparente à une longue scène d’exposition. La souffrance que ressentent les protagonistes se mêle aux moments de franche camaraderie, les liens se resserrent et notre attachement pour le petit groupe d’alpiniste aussi. 

Puis vient l’ascension et le dernier acte, à ce moment-là on sent que la tension monte et que quelque chose se prépare mais on ne sait pas quand cela va frapper, ni qui. Il n'y a pas une once de prévisibilité et c’est assez agréable que pour être souligné.

Mais, c’est aussi à cet instant que le film montre ses faiblesses scénaristes car Everest contient trop de personnages mal écrits, stéréotypés, certains arrivant comme un cheveu sur la soupe tandis que d’autres ne sont réduits qu’à leur fonction (par exemple, celui du médecin qui ne sert qu'à faire de la prévention sur les dangers de l'expédition et à prescrire des médicaments pour soigner les petits bobos). À tel point que l’empathie que l’on ressent pour un groupe de personnages n’arrive jamais à se transférer individuellement à leur membre. Pour tout vous dire, dans les moments où la tension dramatique est à son paroxysme, on arrive à la ressentir mais grâce à des mécanismes grossiers ou forcés (tels des retournements de situation surprenants ou encore une bonne grosse dose de pathos).

Everest movie 1

Pour le reste, on ressent la même sensation mi-figue, mi-raisin, que nous a laissé le scénario. La mise en scène de Baltasar Kormákur est assez prenante dans l’ensemble mais manque cruellement de subtilité dans les séquences d’émotion. La photographie est assez jolie mais elle est affligée de la 3D la plus paresseuse et inutile de l’histoire du cinéma (aucun bon effet à se mettre sous la dent et on ressent presque aucune profondeur au niveau de l’image). Le montage est très bon pendant 90% du film mais dans le dernier quart d’heure, il devient de plus en plus abrupt et haché donnant la sensation que le film s’est trop vite fini.

Everest 2

La seule vraie satisfaction réside dans le jeu des acteurs qui est impeccable (on retiendra surtout Josh Brolin dans le rôle d’un alpiniste texan), même si on peut être tatillon et dire que la VF amoindrit la puissance de certaines interprétations.

Everest movie 2015 picture josh brolin

Au final, Everest est un divertissement plus que correct mais on ne peut pas s’empêcher de penser qu’avec plus de soin, il aurait pu devenir un bon film, frustrant.

Willard

Everest

Assez original dans son approche, au vu de ce genre de film, laissant de côté le spectaculaire au profit du côté humain et réaliste

Très bien écrit, il y a de bonnes idées de scénario mais l’écriture des personnages est vraiment paresseuse. 

Doté d’une assez belle photographie 

Doté d’une 3D réussie, bien au contraire

Très bien joué, on sent que les acteurs se donnent à fond et cela fait plaisir à voir

Sans quelques mécanismes outranciers destiné à provoquer de l’empathie chez le spectateur

Dans l’ensemble, assez bien réalisé même si les scènes d’émotion manquent cruellement de subtilité

Assez bien doublé à mon goût mais je suis tatillon

Frustrant, très frustrant

USA drame Hollywood adaptation cinématographique Histoire Vraie

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