Séances de rattrapage 2

The Walk - Rêver plus haut

Deux artistes se rencontrent

Robert Zemeckis  fait un film sur le funambule français Philippe Petit, l’idée apparait très vite évidente tant ces deux personnages ont toujours cherché à se dépasser pour ébahir leur public. Si on connait le réalisateur de Forest Gump, on connait moins l’homme qui réussit l’exploit en 1974 de marcher à une centaine de mètres de hauteur, sur un câble entre les deux tours du World Trade Center.

Pour autant, the walk n’a pas l’ambition de se vouloir être un vrai biopic et c’est là d’où vient le problème. Mis à part quelques éléments évacués à la hâte au bout d’une trentaine de minutes,  le scénario ne se centre que sur la traversée de 1974 et sa préparation, romancée de façon hollywoodienne. Ce qui fait que tous ceux qui connaissent l’histoire ou qui ont vu le très bon documentaire de James Walsh, "Le funambule", et/ou qui auraient aimé connaître les autres exploits du français, vont se retrouver très vite déçus. Après, ce n’est pas désagréable à regarder mais la partie sur l’installation du câble entre les deux tours traitée comme un film de casse aurait pu être plus fun. Et, j’ai trouvé un peu light de résumer Petit comme un artiste voyou, à la fois obsédé par son rêve et en même temps ayant peur que ce dernier le tue.

The walk portrait w858Mis à part le scénario, Joseph Gordon Lewitt apparait assez crédible dans le rôle du funambule français tout comme Ben Kingsley dans le rôle d’un artiste de cirque tchécoslovaque. Le reste du casting est assez bien pensé, notamment en castant beaucoup d’acteurs francophones pour jouer des rôles de personnages francophones, dont certains ne se limitent pas à une fonction similaire à un pot de fleur, comme Charlotte le Bon dans le rôle de la petite amie de petit et Clément Sibony dans le rôle du photographe officiel, qui sont assez bons. La reconstitution du New York, du Paris et de la France rurale des années 70 est assez bien faite, même si j’ai trouvé que Montmartre et le quartier latin semblent être filmes un peu comme dans Amélie Poulain, avec notament cet effet veillot au niveau de la photographie et la campagne française fait un peu penser aux paysages peint par Cézanne (mais bon je chipote).

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Généralement, dans un film hollywoodien, quand un Américain invite une jeune fille à discuter autour d'un verre, c'est du café mais, quand c'est un Français, c'est du vin rouge. Logique​

Mais ne juger ce film que sur ces points, ce serait passer à côté de la force de The Walk, tant Zemeckis arrive, rien que par la puissance de sa mise en scène et de la 3D, à nous immerger dans le film et à nous éblouir. Bon, je reconnais que dans la première heure et demie et mis à part de 2-3 effets, l’ébahissement n’est pas total mais ces trente dernières minutes !

On a vraiment l’impression de suivre la traversée de Petit du haut d’un hélicoptère ou d’une des deux tours. A tel point que, ma peur du vide s’est réveillée et j’ai été cramponné à mon siège sur certains plans, pensant bêtement que, sans cela, la vision du sol new-yorkais m’attirait comme un bout de métal l’est envers un aimant.

Thewalk3 640x364 1Cette sensation a perduré, même,  pendant le dénouement où Robert Zemeckis révèle son point commun avec Philippe Petit au détour d’un dernier plan iconique : celui de son amour incommensurable pour deux tours de plus de 400 mètres de haut chacune et qui ont disparu trop brutalement un 11 septembre 2001. Mais, bon pas sûr que sans la 3D, cela suffise pour que le film reste attrayant.

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Bon, Robert la reconstitution de la traversée des deux tours par Petit était sympa, mais elle est ou celle de Francfort, en 1994 ? Et celle de Paris, en 1989, où il a tendu son fil entre le Trocadéro et la Tour Eiffel? Et, celle au-dessus de la vallée Hinnom, en 1987 ?

 

Willard

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