After Hours

   Un cauchemard burlesque par Martin Scorsese

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Martin Scorsese est le réalisateur d’histoires hors du commun ; généralement ses personnages sont : des chauffeurs de taxi inquiétant (Taxi Driver ,1976), des milliardaires qui ont marqué l’histoire (Aviator, en 2004) , des grands pontes de la mafia (Les Affranchis , 1990 ; Casino, 1995) , des figures bibliques (La Dernière Tentation du Christ, 1988), des gangs irlandais se révoltant contre des natifs américains (Gangs of New York , 2002), des traders aux narines blanchies par la cocaïne (Le Loup de Wall Street ,2013)  , des boxeurs légendaires (Raging Bull , 1980) . Bref, rien n’explique au vu des 8 premières minutes, ce qui a attirer Martin Scorsese dans ce projet .

Le film suit l’histoire de Paul Hacket, un informaticien banal menant une vie sans intérêt et s’ennuyant  de tout . Ennui, qui va le pousser à aller prendre un café dans un petit restaurant , son livre préféré sous le bras. Le livre est le prétexte trouvé par une jeune femme assez jolie pour l’aborder et a venir s’assoir à sa table.  Paul ressort de cette conversation décousu, où il est notamment question de l’attitude  étrange du caissier,  avec le numéro de l’amie artiste de la belle , pour qu’il puisse acheter les sculptures de cette dernière . On se dit tient c’est son jour de chance . À cet instant  du film, on  se demande ce que Scorsese vient faire dans cette galère . Pourtant l’absurdité de la situation intrigue au plus haut point. Très vite, on se rend compte que cette situation est annonciatrice de la suite des évènements.

Un voyage au bout de La nuit/l’enfer

Grace au numéro de téAfterhours 00léphone, Paul retrouve la belle inconnue et saute dans un taxi pour être conduit à SoHo. Le voyage peut commencer. Le taxi, roule à tombeau ouvert, vers une nuit que Paul n’oubliera certainement jamais, une nuit cauchemardesque pleine de rebondissement. le spectateur va très vite se rendre compte que Paul est piégé comme un rat, dans ce charmant quartier de SoHo où toutes les jolies femmes sont soit artistes soit atteintes de graves problèmes d’ordre psychiatrique . Un SoHo où la population semble atteinte d’une furieuse envie de revivre les grandes chasses aux esclaves du temps de la ségrégation, dès lors qu’elle soupçonne un étranger de la voler . Paul va donc passer sa nuit à essayer de rentrer chez lui. Le moins qu’on puisse dire c'est que l'on a de l’empathie pour ce cher Paul. Pour la suite de l’histoire, je préfère vous laisser découvrir par vous-même les différents rebondissements d’un très bon scénario à tiroirs avec une scène finale « cartoonesque ».

Un exercice de style magistral

After hoursCe film met en valeur le talent de Matin Scorsese. Il arrive à rendre un scénario totalement fou tout droit sorti d'un mauvais cauchemar, crédible . Il apporte son rythme et son sens de la mise en scène , une fois les 8 premières minutes passées, on est happé par le film . On ne peut plus décrocher. Les acteurs sont tous excellents, notamment les trop rares Griffin Dunne et Rosanna Arquette. « After Hours » est certes une très bonne comédie à l’humour bien grinçant mais c’est surtout un exercice de style effectué par l’un des plus grands cinéastes encore vivant à ce jour . Un de ceux qui transforme un film sympathique en un bon film, ce genre de film où l’on sent que son réalisateur prend un plaisir jubilatoire à nous en donner . Ce n’est pas l’éclairagiste barbu du club Berlin qui me contredira.

Cameo martin

Willard

After hours

USA Scorsese comedie Griffin Dunne Rosanna Arquette Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 1984

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