Séance de rattrapage

Prémonitions

Prévisible

 

Je ne sais plus trop dans quel article, j’avais fait une tartine en intro sur les acteurs qui n’arrivent pas à quitter le personnage qui les a fait connaitre. Quand on parle d’Anthony Hopkins on pense Hannibal Lecter et nombreux sont les films qui lui font jouer un homme dangereux et cultivé dans des histoires de meurtres. Prémonition n’échappe pas à la règle, alors certes son personnage ne boulotte pas une joue d’infirmière mais ça ne l’empêche pas d’être un médecin amateur d’opéra, de citer Freud, d’être consulté par une jeune profileuse du FBI du nom de Clarice Starling  Katherine Cowles pour l’aider à attraper un serial killer.

Bon vous l’aurez compris, Prémonitions n’est pas d’une originalité folle dans l’écriture, même son idée du médium qui aide le FBI n’est pas nouvelle (pour ne citer que Dead Zone par exemple). Pour autant le film n’est pas mauvais.

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J'aime Anthony Hopkins du coup j'ai pas été deçu et ce même s'il se paye une coupe prévue pour faire des spectacles à Las Vegas

Bon après on va dire que pour les films policiers il y a grosso modo deux écoles, les « whodunit » (« Who [has] done it ? » qui se traduiraient par « qui est le tueur ? ») où on tente de découvrir qui est l’assassin en même temps que les enquêteurs avec les indices qu’ils amassent (Usual Suspect en est un des meilleurs exemples, Shutter Island aussi) et les thrillers à l’américaine qui mettent plus l’accent sur les enquêteurs et leur environnement et où souvent dans la dernière demi-heure du film le tueur leur tombe sur le coin de la gueule, Seven en est un bon exemple. Prémonition s’inscrit en plein dans la deuxième catégorie, mais il a des excuses.

En effet à la base le film devait justement être la suite de Seven, le scénario a été écrit autour de 1990, acheté par New Line, proposé comme suite à Fincher en 1995 qui déclinera le projet ; Prémonitions va alors passer de main en main pour au final intéresser Hopkins alors sur le tournage du Rite (et m*rde, j’avais failli l’oublier cette bouse). On met un inconnu à la réal, un petit budget, une claque sur les fesses et boum, on a Prémonitions ! Heureux ? A moitié ? Je te comprends.

Copieur

Hum... c'est gênant là...  

Ce n’est pas que c’est raté, mais le problème c’est que le film souffre de plusieurs défauts. Déjà il est prévisible, bon ok on en a parlé, ensuite il est très proche de Seven dans son esthétique avec sa grande ville anonyme, sa photographie glauque, ses meurtres accompagné d’un vieux relent de choix moraux et la relation entre le héros et le tueur. Mais Prémonitions est aussi très proche du film de Fincher dans son rythme, une première partie qui installe les personnages puis l’enquête et enfin le dernier tiers où le tueur vient de lui-même faire coucou.

Enfin le dernier défaut que je lui trouve c’est le syndrome le troisième homme, en gros quand vous regardez un film policier avec quelques têtes d’affiche (en l’occurrence Anthony Hopkins et Colin Farrell) et qu’au bout de 30 minutes vous n’avez pas vu tout le monde, vous pouvez être certain que l’acteur manquant est votre tueur.

fhjùm

Sinon le titre Anglais c'est Solace (soit reconfort en français), ce qui fait écho aux dilemmes moraux douteux du tueur, et ouais trois images d'Hopkins dans le même article et que dalle pour les autres acteurs, faire varié c'est pour les communistes.

Pourtant Prémonitions s’en sort bien, s’il démarre comme un téléfilm il recèle suffisamment de surprise que pour maintenir une attention constante. Les personnages sont sympathiques, la caméra pas trop dégueu, les scènes de vision plutôt sympa (même si ces dernières n’ont au final que très peu d’impact sur le déroulement des événements). Manque un véritable retournement de situation qui le ferait passer du statut de divertissement vite oublié à excellent thriller, il y a bien une révélation finale mais elle est si pathétique et prévisible que je vais éviter de m’étendre dessus

Prémonitions c’est une série B très honnête avec Hopkins qui crève l’écran, dommage que comme son héros je pouvais deviner ce qui allait se passer dix minutes avant que la scène n’arrive.

 

 

Gene

... Bon ok je me casse

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