Welcome To New York

Coup de pub ou film pertinent ?

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Au festival de Cannes, il y a la sélection officielle, les sélections parallèles et le marché du film. C’est assez rare, mais cette année un film au marché du film a éclipsé le temps d’une journée les films en compétition. Ce film était le très attendu « Welcome to New York » le film sur l’affaire Dominique Strauss khan, qui avait déjà secoué cette même croisette il y a 3 ans. Ce film est sorti depuis le 17 mai sur toutes les plateformes VOD et enregistre déjà en quelques jours des scores records, près de 90 000 personnes ont loué ou acheté le film sur ces plateformes. Suite à ce phénomène nous avons décidé de vous présenter ce qu’est ce film évènement.

L’histoire est très simple, c’est celle de Devraux, un homme puissant, un homme qui manipule au quotidien des milliards de dollars. Un homme qui contrôle la destinée économique des nations. Un homme gouverné par un irrépressible et vorace appétit sexuel. La suite on la connait tous, le viol présumé de Nafisatou Diallo par DSK, ce dernier libéré sous caution et assigné à résidence et enfin ses deux procès (pénal et civil).  Ferrara orchestre l’histoire avant le viol et le premier procès de ce Devraux (librement inspiré de Strauss Kahn).

Sexe,  facilité, clichés et vulgarité

Pendant les 40 premières minutes, la trame du film peut

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se résumer en un champ lexical celui du sexe. Tout d’abord le premier :sexe ( des prostituées pour assistance) , le deuxième : partouse ( la longue scène de la chambre d’hôtel ) , la troisieme : « treesome » ( ou partie à trois en français) , le quatrième : viol ( entre Devraux et la femme de chambre) et enfin le dernier : baise ( sujet de discussion entre Devraux , sa fille et le petit ami de cette dernière avec au passage une métaphore très particulière de la bouillabaisse) .

Après cela, on assiste à l’arrestation et la suite supposée des évènements, là Ferrara fait dans la facilité. Il alterne des scènes prévisibles, assez pauvres en situation et assez affligent en dialogue (l’énigmatique «  capuche ou casque ») et reconstitution, le tout parsemé de rares apparitions du personnage de la femme de Devraux pestant sur les bêtises de son mari.

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Le réalisateur de l’excellent « Bad lieutenant » (premier du nom, version de 1993) et du non moins très bon « King of New York », retrouve légèrement dans sa superbe dans la deuxième partie. En ayant l’idée de filmer Devereaux et sa femme en huit clos, Abel Ferrara nous décortiqué (très succinctement malheureusement) les relations « dominé / dominant » qui sommeillent dans ce couple d’intérêt. Cette bonne initiative est malheureusement parasitée par des dialogues bêtes et méchants qui font ressortir des clichés gros comme une maison (l’argent et les juifs). Plus on avance dans ce film, plus on a l’impression que le réalisateur essaie de cracher  gratuitement sur ce couple. Tout y passe, de l’affaire Christiane banon en passant par les agissements supposés de la famille Sinclair après la guerre. On a l’impression d’être dans un numéro de « Voici » filmé.

La grande critique sur les medias que tout le monde attendait peut se résumer par «  ils m’ont baisé ».  Mais malgré tout, Ferrara arrive à sauver son film du naufrage complet par quelques plans bien pensés, on peut citer la scène du cinéma où Devereaux regarde un film de la saga Doinel de Truffaut (à apprécier en coupant le son bien entendu) ou encore montrer qu’ il arrive encore à bien filmer New York de nuit, le mouvement ou la solitude dans ses rues , aussi bien que la solitude de ses personnages . De plus Ferrara, cette fois ci , ne pousse pas son personnage a la rédemption et pousse le jeu de massacre jusqu’ au bout , c’est la seule chose qu’ on ne peut pas lui reprocher .

Le retour de Depardieu Phod35606ea b992 11e2 917c 33b1f16fece8 805x453 le figaro

Mais si le capitaine Ferrara ne peut que très  partiellement éviter de voir son film sombrer dans les abysses des nanars pas du tout sympathiques. en revanche, son moussaillon, notre « Gégé national », arrive lui à nager au-dessus de l’épave. Son interprétation à la fois animale violent et triste sur la fin, d’un prédateur, avide de chair fraiche, qui ne peut ni rester ni combattre ses pulsions est très bonne. Certes loin de ses interprétations phares qui ont marqué sa carrière mais bien mieux que ses interprétations moyennes de ces dernières années. On sent la volonté de Ferrara, de faire tourner ce monstre sacré, lui laissant des silences et des regards pour pouvoir s’exprimer, contrairement à la pauvre Jacqueline Bisset qui fait ce qu’elle peut avec un rôle creux. C’est là que Gérard Depardieu apporte sa force à ce rôle  comme il le dit si bien dans l’introduction  «Je ne considère pas que je joue, je suis le personnage». C’est malheureusement le seul intérêt de ce coup de pub sans intérêt.

Welcome t0 new york

source photos : le monde.fr, le figaro.fr , mariane.net , premiere .fr , purepeople

willard

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