The Rover

La route 2… l’ennui

 

Quand on fait un film dans une Australie post apocalyptique où l’essence et les voitures ont plus de prix que les vies humaines on ne peut qu’être comparé au cultissime Mad Max de George Miller (1982). Effectivement les deux films partagent de nombreux points communs dans leur univers mais sont traités de manière bien différente, The Rover se veut plus lent et contemplatif, heureusement un détail permet de les distinguer assez facilement : Mad Max est un excellent film, The Rover une purge.

Le film demarre bien pourtant, on sent les personnages comme des coquilles vides accablés par un soleil de plomb qui survivent dans ce monde en ruine tandis que les dix premières minutes sont consacrées à une poursuite en voiture très plaisante à suivre. Mais après ? Plus grand-chose en fait, c’est quand le film commence que paradoxalement il s’arrête.
Un héros anonyme et taciturne (Guy Pearce) s‘assoit à un bar, trois hommes  arrivent et prennent sa voiture en abandonnant la leur, il cherche à  les retrouver en embarquant avec lui le frère attardé (Robert Pattinson) d’un des bandits alors laissé pour mort. Les deux hommes s’engagent donc dans un road trip poussif pour retrouver la voiture volée ce qui consiste le plus gros défaut du film : le manque d’enjeu.

R2 Agrougrou, je suis pas content

Pourquoi Pattinson l’aide-t-il ? Pourquoi les bandits volent-ils une voiture si la leur fonctionne ? Pourquoi il y a un nain ?

Seul le titre du film, Rover signifiant autant vagabond que chien errant donne un (non) sens à la scène finale au bout d’une très longue heure et demie de film.

Plus que de Mad Max le film est à rapprocher de La Route (2009, John Hillcoat) qui faisait déjà intervenir Guy Pearce. Ici aussi un duo de personnage ayant une relation presque père-fils errent dans un monde condamné et dangereux. Néanmoins The Rover à une structure beaucoup plus répétitive dans ses dialogues et ses situations puisque chaque rencontre conduit invariablement Pearce à se faire braquer par son interlocuteur tandis qu’un autre homme est torse nu à côté (sans rire, on retrouve ça aux moins cinq ou six fois dans le film), la caméra fait un zoom sur Guy Pearce de dos en changeant la profondeur de champ en milieu de parcours (minimum cinq fois) ; les scènes s’enchainent et se ressemblent. Les trop nombreuses incohérences peuvent être vaguement excusables si on considère le film comme absurde, les faux raccords beaucoup moins (des impacts de balles pas au bon endroit, des vitres qui se réparent toutes seules).

R1

J’aurais voulu aimer ce film, il y a quelque chose de sauvable dans la photographie qui va du très beau au filtre instagram ou encore dans présentation du monde « 10 ans après la chute de l’Occident », très probablement après une invasion asiatique mais le scénario tenant sur une ligne, le jeu mono expressif de Pearce en gros dur, Pattinson surjouant le simplet quand il ne se bat tout simplement pas avec son faux dentier (j’aime pas trop  cracher sur cet acteur qui à mon sens se démène beaucoup pour sortir de son image de vampire scintillant, mais là il est risible) fait que je ne peux pas vraiment en dire de bien. Pour moi The Rover s’inscrit dans la droite lignée des nanars post apocalypse qui ont pullulé après la sortie de Mad Max 2, l’humour en moins.

 Rover

Australie Hollywood festival de Cannes Mad Max The Rover

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