sous les jupes des filles

Un film choral  extrêmement inégal

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La comédie française depuis 2 ans connait une véritable révolution. Exit les comédies franchouillardes comme sait si bien le faire Dany Boon ; aujourd’hui  le cinéma français se met au libéralisme américain ; les scénaristes français osent de plus en plus et cela a donné d’excellentes surprises comme radiostars, les kaira ou encore très récemment la très bonne situation amoureuse : c’est compliqué ou encore le bon et très girly les gazelles. L’actrice Audrey Dana, pour son premier film en tant que réalisatrice, a comme ambition faire avec sous les jupes des filles,  film dans la veine des gazelles, un film très girly voir même féministe, avec pour désir que toutes les filles se retrouvent là-dedans et que accessoirement nous les hommes nous puissions voir ce qui se trouve sous les jupes des filles. Ajoutons à cela, un casting impressionnant (Adjani, Hans, Nakache, Ferrier, Testud, Paradis, Fleurot, Dana elle-même) et une première bande d’annonce qui donne vraiment (vraiment) envie. Sous les jupes des filles est l’un des films français le plus attendu de cet été 2014. Est-ce que ce film a été à la hauteur de cette attente ou est-ce une déception de plus dans la comédie française ? Décryptage.

L’histoire : on suit  11 femmes sur 28 jours (la durée du cycle menstruel) et il va arriver à ces dernières plein d’aventures. Par exemple on retrouve dans ces portraits : la femme trompée, la maitresse amoureuse, la femme qui veut rompre avec sa vie monotone, la femme qui veut concilier son ambition avec l’amour, la mère de famille, la femme qui voit le temps qui passe, la femme trop ambitieuse et seule, la femme trop gentille (« bonne poire »).

La quantité ne fait pas toujours la qualité

Vous l’aurez compris en voyant mon énonciation d’exemples non exhaustifs (mais malheureusement principale), Audrey Dana part avec un sérieux handicap c’est que tous ces portraits de femmes ont déjà été traités dans le cinéma français. C’est là où le bât blesse, Audrey Dana n’apporte pas grand-chose de nouveau à ces personnages. Par exemple, la mère de famille excédée, qui décide d’essayer de vivre une histoire d’amour avec une autre femme, a été beaucoup mieux traitée dans Gazon Maudit de Balasko (et en plus, ce film est sorti il y a presque 20 ans au cinéma). Il faut ajouter à cela des portraits assez cloisonnés, par exemple le personnage de la femme trompée de Marina Hands. Certains personnages proposés par Audrey Dana sont dépassés et quand ils sortent de l’ordinaire, ils sont sous exploités, c’est le cas avec le portrait du personnage d Adjani , qui nous propose une version de la relation mère/ fille adolescente, beaucoup mieux construite que celle de Lol de Liza Azuelos ou encore celui du personnages de Fleurot , qui n’est présent que moins d’une quinzaine de minutes à l’écran , alors que ce personnage autoritaire en quête de l’orgasme semblait dépoussiérer toutes les représentations de ce type de personnage depuis une bonne dizaine d’années. Les seuls personnages qui s’en sortent bien ce sont ceux de Laetitia Casta et de Julie Ferrier, la première dans son personnage d’avocate maladroite dès qu’elle ressent la moindre émotion et la seconde dans son personnage de femme qui veut sortir de sa vie triste et monotone après avoir reçu un coup sur la tête .

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Un ton (trop) osé

On voit dès la première scène ses influences, Audrey Dana veut nous emporter dans un humour qui aurait un ton audacieux, comme l’a fait de l’autre côté de l’atlantique Apatow  ou les Farrelly. Mais malheureusement Dana fait dans l’humour gras voir même très gras et cela ressemble la plupart du temps a sous Apatow ou du mauvais Farrelly; la majorité de son humour repose sur des situations sexuelles ou des situations bien amenées mais qui retombe de suite comme un soufflet . Dès la première scène, son personnage est période rouge et elle ne nous épargne rien espérant que cela nous fera rire mais cela ne nous inspire que du dégout. Il faut bien le dire, on ne rit presque jamais à part sur deux trois situations bien placées qui se situent principalement dans la  partie du personnage de Ferrier («  vous vous croyez à the Voice ? » ou encore la scène du poteau). Pourtant des fois, Dana amène bien sa situation mais il suffit du dialogue de trop pour que son comique retombe comme un soufflet.

Le temps des promesses

1456001 alice belaidi enregistrement de 950x0 1Le film n’est pas non plus un navet total, rassurez-vous ! (il est quand même mieux que the Rover, même si ce n’est pas le même genre). D’une part Dana réussit ses gammes, quand elle décide d’aller dans l’émotion et arrive à exploiter dans ces scènes le talent de ses actrices. On en retiendra deux : la scène entre Isabelle Adjani et Marc Lavoine et celle du tribunal où Alice Belaïdi nous montre l’étendue de son talent (pour ceux qui n’auraient pas vu au théâtre Confidences à Allah) et nous montre qu’elle peut jouer autre chose que des rôles essentiellement comiques (ce qui nous donne une raison de plus d’attendre Le maestro de Léa Fazzer) ; de l’autre , on retiendra le ballet final extrêmement agréable et qui apporte un moment de grâce qui permet de sortir de la salle sur une bonne note. En somme, ce film n’est pas un navet mais un film choral extrêmement inégal qui déçoit car on aurait aimé en voir plus sous les jupes des filles.

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