Pixels

Pourquoi ce gachis ?

En 2013, la toile s’enflammait pour un court métrage français de 2 mn signé Patrick Jean prénommé Pixels. L’histoire était celle de personnages de jeux vidéo des années 80 qui envahissaient New York pour la transformer en montagne de pixels. Suite à cela, de nombreux cinéphiles et gamers se sont mis à fantasmer sur ce qu’aurait pu donner le résultat sur un format long, avec un vrai scénario et  plus de moyens. Deux ans plus tard, il est devenu réalité, Patrick Jean devient producteur exécutif du projet, Chris Colombus (Harry Potter 1, Maman j’ai raté l’avion) est à la réalisation, les deux scénaristes de «Copains pour toujours» au scénario et le quatuor Adam Sandler, Kevin James, Peter Dinklage et Josh Gad dans les rôles titres. Le résultat est-il un cauchemar bien réel ? Non, pas tout à fait, enfin, c’est plus complexe que cela.

Le long métrage raconte une histoire différente de l’œuvre éponyme de Jean, celle de Sam Brenner, un installateur de matériel audiovisuel, qui a l’âge de 8 ans s’était retrouvé aux finales des championnats du monde des jeux vidéo enregistrées par la NASA et envoyées dans une sonde spatiale à destination des martiens. Ces derniers, prenant la captation comme une déclaration de guerre, décident d’attaquer la terre en se matérialisant en personnages de jeux d’arcade de cette époque. Sam avec ses amis,  son ennemi juré et l’armée américaine décident de combattre ces créatures pour sauver le monde.

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Vous aurez donc compris que Pixels se présente donc comme Indépendance Day rencontrant le monde des personnages 8 bits et d’Adam Sandler, c’est-à-dire une comédie de science-fiction au délire bien régressif et un poil lourdingue mais il a des qualités. Son point fort est que les affrontements entre les deux camps se déroulent selon les règles propres aux bornes d’acardes. En résumé, chacun des participants ont 3 vies et le premier qui gagne 3 parties gagne la guerre ; les duels se déroulent selon les règles des jeux choisis, ce qui donne des séquences fun comme celle de l’affrontement de Pacman dans les rues de New York. Ensuite, l’humour du film, même si les vannes sont distillées de façon aléatoire, fonctionne assez bien, à l’image d’un discours face aux forces armées américaines assez désopilants. Côté technique, les « dépixellisations » et les animations des personnages de jeux vidéo sont bien faites. La scène de la (prévisible) invasion finale est dans l’esprit du court métrage de Jean. Et Chris Colombus élève la mise en scène, assez efficace dans l’ensemble, par quelques belles trouvailles visuelles.

Pixels 2

Mais le film a autant de défauts majeurs, à commencer par le fait qu’il est quasiment centré sur sa star et ses amis. Le personnage Sam Brenner n’est construit que comme une compilation des anciens rôles de Sandler. Le personnage de Kevin James est aussi une ode aux délires lourdingues de son complice de toujours. Et pour le reste, on va dire que cela va du personnage fonctionnel à la caricature facile. Ensuite, le scénario tient sur une feuille de papier toilette et n’apporte rien de nouveau au genre ou de profond au film. L’arc narratif reste le même que d’habitude pour ce genre de film et le film se déroule sans grande surprise. Les acteurs soit surjouent ou manquent de justesse (Peter pourquoi tu t’es abaissé à jouer ce personnage indigne de ton talent ?).

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Enfin et le plus important, tantôt en les montrant comme des losers, tantôt en les représentant dans certains clichés comme celui du conspirationniste fou, le film donne globalement une image déplaisante des gamers. C’est vraiment dommage car le film s’adresse surtout à cette génération qui hante les salles d’arcades et passe son après-midi sur les bornes de Centipede, Pacman ou Donkey Kong. Cette nostalgie est, certes, palpable par moment (notamment dans les 10 premières minutes) et leurs positions de héros du film vont atténuer cette image mais ce n’est qu’une vaine consolation.

Au final, Pixels est un divertissement correct facilement oubliable qui à la vue de l’idée de départ aurait pu devenir un objet culte s'il s’était entouré d’une meilleure équipe au niveau du scénario ou du casting. Une œuvre qui démontre encore une fois que certains films ne pourront jamais être à la hauteur du fantasme que nous avait procuré l’annonce du projet.

Willard

Pixels

Une comédie de science-fiction dans l’esprit des productions Sandler

Strictement adapté du court métrage de Patrick Jean

Doté d’une scène rendant hommage au court métrage de Patrick Jean

Doté d’un scénario bien construit, pas cliché et d’un arc narratif innovant

Doté d’une bonne mise en scène

Bien interprété 

Bien soigné dans l’animation des personnages 8 bits

Le film qui montera une image totalement positive et respectueuse des gamers

Divertissement correct mais énorme déception 

Patrick Jean Chris Colombus Adam Sandler Science-Fiction comedie Hollywood USA

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