Knock Knock

Mauvaise blague :

Trois jeunes étudiantes américaines font le tour de l’Europe pendant leurs vacances, elles finissent par atterrir dans un hôtel en Slovaquie où la direction va littéralement mettre leurs têtes aux enchères pour satisfaire les envies de dominations et de torture de quelques détraqués fortunés.

Et qu’est-ce que c’était bon ! Eli Roth fait évoluer le concept d’Hostel 1 en nous présentant à la fois les victimes et leurs bourreaux, des bons américains moyens (l’aspect monsieur tout le monde renforcé par le choix de deux seconds couteaux de Desperate Housewives) passant une bonne partie du film dans l’attente de leur séance de torture payé au prix fort en discutant de l’importance du meurtre dans une comparaison tout à fait immorale avec notre société ; tuer c’est comme perdre son pucelage, ça fait de vous un dominant. Comparaison accentuée par une géniale scène de vente aux enchères des victimes en devenir et la présentation globale de la mafia derrière ce trafic de touriste, une corporation avec son PDG austère, ses employés habitués à la routine de la boïte, ses livreurs, ses chasseurs de têtes (au premier degré aussi). Un microcosme ou l’homme est un loup pour l’homme.

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La morale de cette histoire c’est… Ah ben non, il y en a pas

Hostel II sous son avalanche de gore recelait donc une certaine finesse (ah bah oui, en même temps quand on se revendique du sous  genre du torture-porn on se doute que ça ressemblera plus à Papouille, furet de son état, après le signal sonore indiquant sans équivoque sa rencontre avec un mixer fonctionnel malencontreusement laissé en marche qu’au reboot de mon petit poney). Bien qu’à peine plus calme niveau tripaille que son ainé, Hostel 2 était surtout plus mature, plus cynique et mieux maitrisé sur tous les points ; un des meilleurs films d’horreur gore de ces dix dernières années avec Devil’s Reject. Sa force c’était que Roth poussait son côté inversion des rôles et jeu sur les codes du genre de l’horreur pour surprendre le spectateur via une véritable évolution de ses personnages accompagnés d’un humour noir féroce.

Voilà, il m’était nécessaire de vous expliquer à quel point Hostel II est bon que pour vous compreniez à quel point Knock Knock est mauvais.

Pas terriblement mauvais, mais décevant en tant que film d’horreur et navrant face à la filmographie de Roth. En fait jusqu’aux cinq dernières minutes où l’on retrouve l’ironie face à son sujet qui caractérise sa production (par exemple Green Inferno, malheureusement inédit en salle du fait de la faillite de son distributeur, raconte l’histoire d’une bande d’écolo qui vont se faire bouffer par la tribu d’indien cannibale dont ils viennent de réussir à sauver le territoire de la déforestation) le film se contente d’aligner les clichés du genre.

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Les visages de cire criant de photoshop me dérangent… sans le couteau on dirait qu’ils essayent de vendre un parfum

Ce genre c’est les films de Home Invasion (invasion de sa maison), où une bande plus ou moins sympathique va séquestrer chez eux leurs victimes. Panic Room ou Haute Tension en sont des dignes représentants, Funny Game est un des meilleurs films dans ce style (bien que Haneke se soit justement servi de ce type de scénario éculé pour sa réflexion sur la violence) mais mon petit préféré dans le genre reste Hard Candy (un des premiers rôles d’Ellen Page) qui en plus se paye une réflexion sur la pédophilie et les dangers d’internet largement mieux amenée que dans Knock Knock, mieux exploitée aussi.

Donc un scénario qui se contente de faire défiler les pires clichés, une caméra dégoulinante de numérique qui enlève au film tous son côté film d’exploitation vintage (vu qu’à la base c’est un remake d’un film des années 70 appelé The Seducers, je l’aurais bien vu pour comparer mais j’ai pioncé au bout de 5min, il est sur Youtube sinon…), une grosse et insupportable demi-heure de niaiserie de petite famille idéale américaine avant de démarrer, un Keanu Reeves difficilement crédible qui a l’air d’espérer tout le long que sa participation en co-production lui payera sa prochaine fournée de pilules bleues, un format d’une heure quarante sur un script qui aurait déjà eu des longueurs inutiles en téléfilm de 50 minutes… Il reste quoi à sauver ? Quelques trucs.

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C’est marrant à un moment Keanu appelle une « voiture avec chauffeur » en VF, en VO c’est un uber car et le chauffeur est crédité au générique en tant que Uber Driver, un peu d’autocensure à la française ?

On rigole parfois devant les délires scabreux des deux filles venue baiser le pauvre Keanu avant de foutre sa vie en l’air, j’ai beaucoup aimé l’idée de répéter un plan du couloir principal de la maison, de plus en plus délabré, et comme je l’ai dit la fin m’a bien fait marrer même si elle m’a laissé l’amère impression que ce n’est que là qu’Eli Roth utilise les idées qui auraient pu sauver le film si elles n'étaient pas apparues une heure trop tard.

Eli j’attends Green Inferno de pied ferme, ok il est pas sorti et donc t’as récupéré 3 millions de Dollars (soit le budget d'un épisode de Walking Dead), t’as mis bobone en rôle secondaire (Lorenza Izzo, née en 1992 ce qui m’a fait me sentir très vieux) et le bankable Keanu Reeves en rôle-titre en espérant sans trop de mal faire 10~15 millions. Disons le franchement t’as cachetonné comme un gros sale et t’as fait le minimum syndical et quitte à flatter les bas instincts de tes fans, t’aurais pu leur balancer un petit hectolitre ou deux de sang frais… Knock Knock c’est médiocre, j’ai eu l’impression de voir un mauvais Nicolas Cage sans Nicolas Cage, plus jamais ça.

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Non sérieusement, mattez Hard Candy, c’est mieux

Alcide

Knock Knock

Pourvu de quelques bonnes idées… 2 ou 3 grand maximum

Le meilleur Eli Roth, et de loin

Long à démarrer et pas très excitant après pour ne rien arranger

Sans humour noir, c’est ce qui le sauve un peu de naufrage complet

Fainéant dans l’écriture, de nombreux thèmes sont (s)abordé, pédophilie, adultère, etc.

Un film d’horreur, entre l’énervement ressenti envers les deux sequestratrices et le manque d’intérêt pour le personnage de Keanu Reeves on a du mal à ressentir la moindre peur

En fait la plus grosse scène de tension je pense que c’est celle sous la douche…

Sanglant, le problème c’est que Roth n’a pas forcément choisi le bon film pour casser son image de réalisateur gore

- Knock Knock. C’est qui ? Une déception… 

Horreur USA déception

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