American Nightmare

Locomotive à vapeur de la jument nocturne au Quebec


Il était une fois John Carpenter, un réalisateur dans le genre horreur/action qui a été un peu le tournant de toute une époque. Il est connu pour avoir toujours donné un contexte à ses films qui dépassent la simple série B, en y insérant des critiques du système ou des valeurs américaines. Une de ses premieres oeuvres par exemple : Assaut, raconte l’attaque d’un commissariat par un gang. Sous-estimé à sa sortie puis devenu culte au fil des ans, il a étonné son public en présentant cette guérilla urbaine où les policiers ne sont absolument pas protégés par leur statut ou les lois face au street-gang venu les dessouder. Plus que quiconque Carpenter avait compris que l’horreur pour surprendre doit venir là où on ne l’attend pas, une banlieue américaine sans histoire vaut mieux qu’une forêt hantée par les clichés du cinéma de genre. C’est sur cette base que sortira le  film qui le rendra célèbre : Halloween (1978), un des premiers films à populariser le genre du slasher (un psychopathe masqué massacre des adolescents, il y a généralement une blonde qui survit et un black qui n’a pas de bol).

American nightmare depeint une vie sans criminalite

indice : ce n'est pas la réunion mensuelle des fans de Point Break

Les deux meilleurs Carpenter restant discutablement New York 1997 et sa suite/remake Los Angeles 2013, Cultes parmi les Cultes ils suivent les aventures de Snake fuckin’ Plissken au milieu de New York et Los Angeles transformés par un gouvernement républicain extrémiste en prisons à ciel ouvert, zones de non-droit où le meurtre est monnaie courante. Ah oui et à un moment il surfe sur de la lave et c’est épique.

Rançon de la gloire ou simple exploitation à outrance, quasiment tous les films du maître ont connu des remakes, du catastrophique Fog à l’honnête sans être transcendant Assaut sur le central 13 de 2005 par Jean-François Richet (qui réalisera le diptyque Mesrine) avec pour scénariste James DeMonaco, justement le réalisateur d’American Nightmare en 2013 (on y arrive, on y arrive).

American Nightmare présente un futur dystopique où pour canaliser la violence de la population le gouvernement américain des nouveaux pères fondateurs a institué « la purge » : une nuit par an, pendant 12h la loi n’existe plus, tous les crimes deviennent légaux, l’homicide en tête. On a vu plus crédible mais l’idée est assez prometteuse.

                                                                                                             220px the purge poster

American Nightmare, The purge en VO rejoint le club très select des films au titre anglais traduit en français par un autre titre anglais

On va donc suivre une famille américaine typique : le couple parental qui s’enlise dans la routine (avec Cersei Lannister brune aka Lena Headey, je sortirais bien une vanne sur l’inceste mais j’ai rien qui vient), la jeune adolescente rebelle et le garçon malin et débrouillard, qui ont tous prévus de passer la pire nuit de l’année dans leur grande maison protégée par les systèmes de sécurité anti-purge que le père vend et qui ont fait sa fortune. Malheureusement un clochard arrive poursuivi par un groupe de jeunes gens masqués façon fraternité universitaire morbide, aussi pourris-gâtés qu’avides de sang.

F1wuvko Coucou, tu veux voir ma b*te ?

Autant le dire tout de suite, le film n’est pas une merveille, trop cliché et convenu, il n’est réellement excitant que pendant les cinq premières minutes de la purge avant que l’on ne comprenne que le politiquement correct prédomine. Les méchants sont des caricatures d’Orange mécanique, les rebondissements sont soit deviné bien à l’avance, soit des deus ex machina bien poussifs. De gros problèmes au niveau de la mise en scène sont aussi présents ; les personnages semblent parfois se téléporter à l’intérieur de la maison, les protections disparaissent un peu trop vite et les tueurs masqués ont des techniques pour traquer et tuer leurs proies dignes d’un épisode de Scooby-Doo tandis que les héros sont d’une stupidité énervante…

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Sautiller au ralenti n'est pas forcement le meilleur moyen de conduire une chasse à l'homme, surtout quand en face ils ont des fusils à pompe

On a plus l’impression que l’idée de départ a été tronquée et malmenée pour pouvoir s’adapter à un scénario basique de slasher plutôt que de voir une véritable histoire originale se développer autour ; mettons ça sur le compte des producteurs : le rouleau compresseur Michael Bay et Jason Blum, spécialiste des films d’horreur à petit budget (paranormal activity, Insidious, Sinister qui a lui aussi Ethan Hawke en personnage principal) tous sur le même modèle afin de se rentabiliser sans trop de risques.

On se retrouve donc avec ce que j’aime à  voir comme un descendant bridé de Carpenter. Pas une « purge » mais une idée intéressante noyée dans un traitement médiocre et déjà vu. Ne reste que le petit côté perte des mœurs et le questionnement moral entre ce qui est bien et ce qui est légal pour sauver ce film du navet complet qu’il frôle dangereusement.

Toutefois le film a rapporté 90 millions de dollars (trente fois son budget de départ) ce qui a immédiatement entrainé une suite confiée au même réalisateur. Suite dont le scénario me fait déjà furieusement penser à Los Angeles 2013 et qui me laisse espérer un film d’action horrifique digne du modèle de départ, à la fois plus fun et mieux maitrisé.  

An1

Au fait une critique bien acerbe et marrante qui ne laisse pas au film la moindre chance de redemption :

http://www.nioutaik.fr/index.php/2013/09/06/657-american-nightmare-la-critique-pourrie

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