Festival de cannes du grill: Jour 4

Cannibalisme, calculs rénaux, Road trip et Poésie

Mon réveil fut brutal mais revigorant avec "Grave" où une jeune pensionnaire végétarienne de l'école vétérinaire découvre les joies de la viande lors de son bizutage et décide d’explorer sa nouvelle addiction. Mélange jouissif et réussi des codes du teen movie avec ceux du film de cannibale grâce à un très bon scénario abordant aussi bien la question de la naissance du désir que de l'acceptation de soi. La mise en scène et la musique posent une ambiance anxiogène au possible. Grave est aussi porté par de bons acteurs dont Bouli Lanners et Laurent Lucas dans des seconds rôles délirants. Il est mon deuxième coup de cœur du 69ème festival de Cannes et il faudra suivre attentivement la carrière Julia Ducournau, future figure de proue du cinéma de genre français.

 

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J’enchaîne au grand palais avec Marion Cotillard en épouse malheureuse partie en thérapie pour soigner ses calculs rénaux, brûlante de désir pour un lieutenant au bord de l'agonie. Le film s'appelle en toute logique "Mal de pierres", réalisé par la française Nicole Garcia. J'attendais un mélodrame académique, sage et fade. Je n'ai pas été déçu. Sa direction artistique et son twist qui m'ont pris par surprise n'y changeront rien. Seule l'actrice oscarisée arrive à sortir son épingle du jeu dans ce rôle de femme en manque d'amour à moitié folle mais c'est loin d'être suffisant pour prétendre à un quelconque prix.

 

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Pour le deuxième film en compétition de la journée, je me frotte à la jeunesse pas si dorée de "American Honey" d'Andrea Arnold. Dans ce road trip à l’énergie débordante que n'aurait pas renié Kerouac, une jeune fille tombe sous le charme du sous-chef d’une équipe de vente d'abonnement de magazine par correspondance et décide de s'engager avec eux sur les routes du Midwest américain. Aussi une façon de fuir sa famille dysfonctionnelle. L’excellente mise en scène naturaliste et la direction d'acteurs de la réalisatrice anglaise font beaucoup au charme de l'œuvre. En parlant des acteurs, Shia LaBeouf et la révélation Sasha Lane y sont excellents. C’est dommage qu’il manque un véritable scénario pour canaliser l’ensemble. La croisette n’a pas trop apprécié mais je pense qu'il peut être un candidat sérieux pour le prix de la mise en scène.

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C’est avec le grand Alejandro Jodorowsky que je termine ma journée. "Poesia Sin Fin", suite directe de "Danza de la Realidad" et deuxième partie de son autobiographie de rêve prévue en cinq films, continue d'explorer les fantômes du passé de son auteur. Cette fois on revient sur le passage à l'âge adulte du cinéaste, période où il découvrit la poésie et décida de vivre la vie d'artiste dans un Chili en pleine mutation politique. Poétique, onirique, fantasque, on est en présence d’une véritable ode à la création artistique. Son aspect brouillon et légèrement fauché est peut-être le petit défaut qu'on peut reprocher à ce beau film.

 

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Une nouvelle pépite découverte dans une sélection parallèle, deux beaux films imparfaits et un autre très moyen, tel est mon bilan de la journée. J'espère juste que le café aura encore un effet sur moi car la deuxième semaine risque d'être longue et intense. Les choses sérieuses ne font que commencer.

Willard

festival de Cannes France

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