Hollywood

Le monde de Dory

« Nage droit devant toi », la suite ?

Si vous étiez enfant au début des années 2000, il est impossible que vous soyez passé à côté du «Monde de Nemo», l’un des meilleurs films de l’écurie Pixar. Treize ans plus tard, les créateurs ont décidé par respect pour les fans qui se languissaient de ne plus avoir de nouvelles de leurs poissons préférés (ou par l’appât du gain facile, au choix) de faire une suite. Si vous l’avez loupé, je vous conseille vivement de vous y mettre car il est impossible de comprendre tous les clins d’œil et le développement des personnages principaux du « Monde de Dory », sans l’avoir vu.

 

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D’ailleurs, on retrouve nos protagonistes dans la situation où on les avait laissés: Martin vit heureux aux côtés de son fils Nemo et de sa nouvelle amie Dory, laquelle souffre toujours de troubles de la mémoire immédiate (ou syndrome du tour du bocal). Sauf qu’un jour cette dernière a un flash : elle se souvient du lieu où ses parents se trouvent. Accompagnée de ses deux amis, elle va partir à leur recherche à l’autre bout de l’océan.

 

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Le plaisir de les retrouver reste intact, le cocktail subtil entre humour et émotion aussi. Certaines scènes sont résolument fun, à l’instar d’une séquence au ralenti de trois minutes qui m’a littéralement fait tomber de mon fauteuil, d’autres feront couler une petite larme même aux plus hargneux des rugbymens. Pourtant, on ne peut pas dire que l’ensemble soit vraiment exceptionnel. Visuellement, il est raccord avec les standards du studio à la lampe même si, par rapport au premier opus, l’ambition artistique est clairement revue à la baisse. Il faut dire que passer d’une grande odyssée aquatique à l’exploration d’un Marineland en images de synthèse, forcément ça marque moins notre rétine.

 

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J'exagère un peu, dans le lot, il y a, quand même, deux trois scènes qui sont magnifiques.

Même sentiment mi-figue, mi-raisin concernant l’histoire. Je reconnais que donner le rôle-titre à Dory et reléguer les deux poissons clowns au statut de seconds couteaux est une idée très intéressante, mais faire vivre à la demoiselle presque les mêmes situations que Martin dans le précédent opus, l’est beaucoup moins. Différence notable, certains passages sont téléphonés, à l’instar d’un sauvetage en catastrophe où deux des trois protagonistes sont oubliés dans la bataille pour relancer pendant dix minutes l’intrigue du film. Seule la galerie de nouveaux personnages apporte un réel vent de fraicheur au long métrage : un poulpe hypocondriaque, une baleine myope et un beluga qui n’arrive pas à se servir de son sonar. Si ces derniers n’arrivent pas à faire oublier Jack la crevette ou Bruce le requin végétarien, ils sont très sympathiques mais leur léger manque de développement est regrettable.

 

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Au premier abord, je peux comprendre que le casting VF, composé entre autres, de Franck Dubosc, Mathilde Seigner, Kev Adams et Enjoy Phoenix, puisse en rebuter certains mais au final ils sont très bien dirigés.

Pour autant, durant les jours qui ont suivi la projection, plus je digérais le film plus un sentiment me turlupinait, comme si j’avais loupé quelque chose. Il m’a fallu une semaine pour le trouver. J’ai d’abord pensé à une critique en sous texte des Sea World (hypothèse crédible quand on sait que la voix anglaise du parc est celle de Sigourney Weaver et l’amour des américains pour «Gorilles Dans La Brume»). Puis, je me suis rendu compte que le message était ailleurs, il tournait autour de Dory. Stanton et son équipe arrivent à nous faire vivre à la perfection la quête intérieure du poisson chirurgien dans sa recherche du souvenir. Peu de films à ma connaissance ont réussi cet exploit, « Le Monde de Dory » en fait désormais partie. Je ne pense toujours pas qu’il arrivera à marquer durablement l’inconscient collectif mais, au-delà du fait que bambins et adultes y passeront un bon moment, rien que pour le fait d’introduire, aussi subtilement, un sujet d’une telle gravité dans un divertissement grand public, il mérite le coup d’œil.

Willard 

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