Hollywood

Independance Day : Resurgence

Pour les fans (enfin leurs portefeuilles)

 

Après l’improbable suite des aventures de Nemo dix ans après, cet été voit débarquer une seconde légende urbaine du cinéma : indépendance day 2, annoncé initialement pour le 4 juillet… 1998 !

Pour les retardataires, Indépendance Day premier du nom montre, à grand renfort d’explosion et de discours patriotiques, l’Amérique repousser une attaque extraterrestre. Colossal succès au box-office, le film a longtemps été la référence en la matière de film catastrophe avec ses scènes de destruction démesurées au milieu du cocktail de vannes du duo Jeff Goldblum/Will Smith (absent ici car trop cher). Une vraie pépite des années 90.

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Même le fan service est hypertrophié, attendez vous à entendre parler de tout le casting original.

Pour Roland Emmerich, le réalisateur, faire une suite signifiait frapper encore plus fort niveau sensationnel apocalyptique. Quitte à faire n’importe quoi… Quitte à abandonner l’hommage aux films de monstres, les références aux théories du complot (zone 51) et à la guerre des mondes… Pourquoi je suis obligé de régulièrement dessouder des bons souvenirs d’enfance dans mes articles ? Vous croyez que j’ai que ça à faire de parler de Goldblum qui est passé du sommet du cool à une gueule d’opérateurs télécom de SAV pakistanais ? Enfin…

LA bonne idée du film est d’avoir pris en compte les vingt ans qui le sépare de l’original. L’action prenant place dans un monde réuni par la crainte d’une nouvelle attaque extraterrestre, récupérant au passage leur technologie pour démocratiser les vaisseaux spatiaux permettant de faire un trajet terre-lune en moins de temps qu’il n’en faut que pour dire « les-lois-de-la-physique-c’est-pour-les-nazes ». Voir que les événements du premier ont eu un impact planétaire est fun, d’ailleurs c’est là un autre point fort : la notion d’échelle. Le gigantisme des vaisseaux aliens faisant passer la terre pour une bulle de savon prête à se faire exploser d’un moment à l’autre, on a réellement l’impression que la terre dans son ensemble est impliquée. Enfin pour la première partie du film qui sans être exceptionnelle fait correctement le café… Le principal problème étant que passé la présentation de cette réalité alternative  et l’arrivée en fanfare des petits hommes gris (ou plutôt les gros poulpes jaunes), notre douzaine de héros plongent dans un tourbillon de plans foireux et  de retournements de situation tellement épiques qu’ils en deviennent grotesques. Un sacrifice devient beaucoup moins héroïque quand on en a un toutes les cinq minutes sur des personnages apparus dans deux scènes grand maximum.  Le surdosage de l’action atteignant son paroxysme dans la fin à rallonge ressemblant plus à ce que raconte ton neveu de huit ans en jouant avec ses action men qu’a un scénario digne de ce nom.

 

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Il y a quatre pilotes venu échouer à remplacer un Will Smith

 

Independance Day Resurgence touche à l’absurde. En voulant faire du vieux avec du neuf Roland Emmerich se plante et livre un film qui donne l’impression d’être resté coincé sur avance rapide pendant 2h tellement il balance de personnages à la seconde. Si certains son plutôt sympa, je pense au duo chef de guerre africain avec un comptable, d’autres comme Charlotte Gainsbourg sont à la limite du caméo. Son enrobage tout numérique a beau avoir une mise en scène solide, les délires visuels s’étant multiplié ces dernières années, il peine à faire figure d’exception d’autant plus que son ton trop souvent premier degré le rend ridicule là ou l’approche comédie style  buddy movie du premier faisait passer la pilule.

 

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Jeff, que t'es t'il arrivé ? Ca veut dire quoi quand mon téléphone a une lumière orange qui clignote ?

 

Scénario foutraque se cherchant longtemps qui confirme une fois de plus que le nombre de scénariste au générique est en général inversement proportionnel à la qualité du produit fini. Ou alors c’est tout simplement que Will Smith manque à l’appel…

D’un autre côté c’est probablement le meilleur film du réalisateur depuis Le jour d’Après. Le scénario a probablement pour animal totem l’opossum écrasé mais à le mérite d’exister  et l’univers qu’il a créé reste assez accrocheur (le bonhomme à quand même réalisé Stargate et Universal Soldier, il sait y faire dans la SF). Même si le feu sacré s’est éteint, contempler les braises d’un bon souvenir d’enfance reste un moyen comme un autre d’éteindre son cerveau une soirée pour croquer du pop-corn sans trop se poser de questions.

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Paraît qu'il va y avoir un trois... Là en fait le vaisseau spatial fera la taille du système solaire mais l'invasion échouera car Jeff aura tendu une ficelle entre mars et jupiter pour leur faire une croche pied (je mets un copyright sur cette idée, on ne sait jamais).

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