Billets de willard

Festival de cannes du grill: Jour 7

Autarcie, Surnaturel, Social, Policiers corrompus, Avocate en plein mal-être

 

Hier, j’ai donc terminé ma journée, vers 22h 30  avec  Viggo Mortensen, en patriarche d’une famille de marginaux, qui souhaite accomplir les dernières volontés de sa défunte épouse. « Captain Fantastic » est le nom de ce feel good movie bien barré et lumineux dans la ligne de « Little miss sunshine ». Pour autant en traitant du thème, assez casse gueule de la vie en autarcie, il affiche une audace plus marquée que son illustre aîné. D’ailleurs, c’est son écriture qui m’a séduit, insufflant de la joie dans des moments tristes et ne prenant jamais parti entre les choix de vie de cette famille ainsi que les opinions de leurs détracteurs. Les acteurs y sont tous excellents. Les seuls petits défauts que je pourrais lui reprocher sont une réalisation assez typique des films formatés pour Sundance et une fin un peu prévisible. Pour autant, le premier long-métrage de Matt Ross est incontestablement dans le top 5 des meilleurs films que j’ai vu sur la croisette. Courez-y à sa sortie.

 

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Le lendemain (aujourd’hui donc, ou plutôt hier...), je commence avec les favoris du festival, deux palmes au compteur, les frères Dardenne et leur  « Fille inconnue ». Pour l’histoire, une jeune médecin généraliste se met à enquêter sur une jeune fille morte qui aurait sonné à la porte de son cabinet quelques heures avant le drame.  Pas un thriller Hitchcockien mais un drame donnant l’occasion aux deux frères de livrer un patchwork de clichés sociaux avec la finesse d’un épisode de strip-tease. Ce qui est dommage car mis à part ça, le scénario n'est pas trop mal construit, la mise en scène aussi pas trop mal et le jeu des acteurs très crédible. Il y en a qui aiment bien donc je ne vais pas épiloguer sur le duo belge mais j’ai de plus en plus l’impression qu’ils reproduisent leur style sans trop y mettre d'âme.

 

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Ensuite, je vais voir en hors compétition «Goksung» du Coréen Na Hong-jin (The  Chaser). Dans ce thriller fantastique, un policier va, avec l’aide d’un chaman, protéger sa famille et son village d’une vague de crimes surnaturels. Malgré quelques scènes qui s’étirent en longueur le film est très passionnant. La tension monte en crescendo jusqu'à l'explosion finale dans l’horreur. Ce résultat est dû à un scénario plein de suspense et une mise en scène de toute beauté. Après, le caractère trop candide de l’anti-héros pourra en dérouter plus d’un mais ça fait partie du charme de cette œuvre que je vous recommande.

 

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J’enchaine avec le deuxième film en compétition de la journée «Ma’ Rosa» de Brillante Mendoza. On y suit les 24 heures trépidantes d’une famille dealant de la drogue prise dans l’étau de la corruption policière. Il met une vingtaine de minutes avant de démarrer mais on est quand même captivé et effaré par la critique acerbe qui est faite par le réalisateur philippin de son pays. Sa mise en scène par contre peut agacer notamment avec sa caméra qui bouge dans tous  les sens mais il arrive quand même à capter quelques moments de grâce sur le siège arrière d’une voiture ou lors de certains plans larges. Les acteurs y sont bons mais pas assez pour devenir des candidats crédibles au prix d’interprétation. Par contre, il a de très bonne chance d’obtenir le prix du scénario.

 

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Je passe la fin de la journée en compagnie de la belle Virginie Efira. Elle joue une avocate à la vie sentimentale et professionnelle compliquée dans «Victoria». Son bouche à oreille avait été excellent sur la croisette mais au final je me suis retrouvé devant une comédie française sympathique sans plus. On ne peut pas dire que j’y ai beaucoup ri et que je l'ai trouvé originale mais le scénario tient bien la route. Quant à la mise en scène, elle est sans grands défauts mais sans grand éclat. Reste que l’actrice belge est entourée d’un bon Vincent Lacoste et d’un Melvil Poupaud à contre-emploi.

 

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Une journée qui résume assez bien mon festival, jusqu’à présent : pas de navet mais de chef-d’œuvre non plus.

Willard