Billets de willard

Festival de Cannes du grill: Jour 9

Mélodrame pompeux, Un danois à L.A, une tortue, une virée déambulatoire, absurde.

Ce matin, j’ai ouvert le bal avec Sean Penn et son « The Last face » qui narre l’histoire d’amour entre deux médecins d’une ONG. Sincèrement, j’ai eu l’impression de passer deux heures et demie avec l’acteur réalisateur américain accoudé au bar d'un PMU en l’écoutant réciter de la psychologie de comptoir sur l’amour et la guerre. Ce qui est dommage car la partie humanitaire était extrêmement bien documentée et quelques scènes de tensions sont vraiment bien faites. Javier Bardem est bon dans l’un des deux rôles-titres tandis que Charlize Theron déploie l'arsenal de l’actrice oscarisable pour tenter de réaliser une performance de haut vol mais se prend les pieds dans le tapis. Pour ce qui est du reste, la réalisation a de gros moments de faiblesse avec notamment une utilisation assez approximative du flou. Sur Jean Reno et Adèle Exarchopoulos, je dirais juste qu’ils ont tous deux des seconds rôles pas terribles. Voilà ce n’est pas (totalement) un navet infâme mais trés loin d’être un bon film, c’est juste un réalisateur intéressant qui se plante violemment , c’est exactement le même cas que « Nos souvenirs » l’an dernier.

Le film de sean penn avec charlize theron et javier bardem se fait pour l instant demolir m337849

Ensuite, Nicolas Winding Refn nous offre une plongée hypnotique et sensorielle dans le monde des mannequins à Los Angeles avec  « The neon demon » où une jeune fille belle et pleine d’illusions va rencontrer des concurrentes prêtes à tout pour lui voler sa beauté. Le film ne réconciliera pas les détracteurs de « Only god forgives » avec le réalisateur danois car, lui aussi, a une histoire simple et remplie de symboliques. Pour autant, il m’a mis une petite claque. J’ai trouvé que la mise scène du film est l’une des meilleures de son auteur. Je ne serai donc pas surpris qu’il obtienne le prix du meilleur réalisateur dimanche soir. Pour ce qui est du reste, les acteurs y sont très convaincants et la musique ainsi que la photographie y sont réellement à tomber par terre.

292919 jpg r 1920 1080 f jpg q x xxyxx

J’enchaîne dans la foulée, à un certain regard, avec la première création européenne du studio Ghibli, « La tortue rouge » de Michael Dudok de Wit. Tout ce que vous avez besoin de savoir, c’est qu’on suit un naufragé qui va essayer de sortir de son île déserte mais une immense tortue rouge fait échouer toutes ses tentatives. On est loin de la complexité des intrigues de Miyazaki mais l’histoire, bien que simple, est plaisante à suivre. L’émotion et la poésie arrivent à passer au travers des jolis dessins. Il ne fera pas partie des meilleurs films du catalogue du studio japonais mais il est quand même bon.

Tortue1 3195

Ensuite, toujours à un certain regard, je me retrouve devant un premier film argentin, « La Longue nuit de Francisco Sanctis » réalisé par Francisco Márquez et Andrea Testa. L’histoire se déroule sous la dictature argentine où un homme, reprenant contact avec une ancienne camarde de classe, celle-ci va lui demander d’évacuer deux personnes avant qu’elles ne  soient capturées par l’armée. Je n’ai pas été emballé par le film car même si le pitch semblait prometteur, j’ai eu l’impression d’assister pendant une heure vingt à une déambulation nébuleuse dans les rues de Buenos Aires. C'est sûrement le but recherché mais l'intention ma laissé de glace. La mise en scène n’arrive pas à transcender les moments de tension. Le seul point qui m’a vraiment plu c’est le jeu des acteurs.

Larga noche entrevista 655

 

Enfin, j’atterris à la semaine de la critique pour voir « Apnée » du patron de la troupe de théâtre des Chiens de Navarre, Jean Christophe Meurisse. Pour simplifier, un ménage à trois (deux garçons et une fille) décident de partir en quête de nouveaux repères, loin d’une société où ils ne se sentiront pas inadaptés. Vingt-quatre heures après l’avoir vu, je ne peux pas vous donner un avis tranché mais je pense qu’il faut y jeter un coup d’œil. Je n’ai jamais vu une comédie francophone partir aussi loin dans le burlesque et l’absurde. Pour ce qui est de la forme, ce sont des petites scénettes reliées entre elles par un fil rouge. C’est très bien fait même si ces dernières sont parfois un peu inégales. Décidément, un petit vent d’air frais souffle sur le cinéma hexagonal à Cannes.

 

Apnee bandeau

 

Il ne reste plus que 24 heures avant la fin de mon festival, je vais essayer de le finir en fanfare tout en évitant de m’écrouler.

Willard